La Presse, Cyberpresse Voyage, samedi 28 décembre 2002

AUBERGES
Charme vieillot au milieu du clinquant

Hélene Baril
La Presse


Pour ceux qui n'ont pas mis les pieds dans la région du Mont-Tremblant depuis un bout de temps, c'est tout un choc. Même si on s'attend au changement, on reste surpris par son ampleur. Le développement touristique a quitté le pied de la montagne pour se répandre tout autour, et une épidémie de golfs, de condos et de maisons de ville sévit entre Saint-Jovite et le vieux village de Mont-Tremblant.

Viande à chien! dirait quelqu'un qu'on connaît s'il revenait aujourd'hui dans les pays d'en-haut, en voyant toute cette richesse qui s'étale de plus en plus loin autour du centre de ski. Au milieu de cette agitation nouvelle, l'auberge Le Lupin a conservé un air avenant et un charme vieillot. La maison de bois rond construite en 1945 a abrité un restaurant avant d'être une auberge. Bien qu'elle ait subi plusieurs transformations au fil des ans, c'est une maison qui a bien vieilli

Depuis 11 ans, c'est le royaume de Sylvie et Pierre, les aubergistes, de Catherine et Henri, leurs enfants, ainsi que de Cléo, le chien, et Féline, le chat. Pour une nuit, une semaine ou un week-end, les visiteurs qui s'y arrêtent seront traités comme des rois.

L'auberge compte neuf chambres aménagées à différents niveaux de la vaste demeure. Il y en a quatre à l'étage, deux au rez-de-chaussée et trois au sous-sol. La nôtre, au rez-de-chaussée, s'appelait La Grande Ourse; elle était vaste et confortable. Rien ne manquait, ni les lampes de lecture, ni les fauteuils confortables, ni le lecteur de CD. Le grand lit habillé d'une courtepointe faisait face à un beau foyer de pierre, mais à cause de la disposition des meubles dans la chambre, l'espace manquait pour s'asseoir devant le feu, ce qui est un peu dommage. Il y a même une télé, juchée sur le manteau de la cheminée, qui détonne un peu avec le charme champêtre de la chambre.

La salle de bains était grande et moderne, mieux pourvue que ce à quoi on s'attend généralement dans un Bed & Breakfast. Il y avait par exemple un séchoir à cheveux comme à l'hôtel, et un petit panier contenant du shampoing et des bulles pour le bain au parfum de framboise.

Le grand salon est l'âme de la maison. Quand on y passe pour regagner sa chambre, on a envie de rester pour flâner devant l'immense cheminée, caresser le chat ou écouter de la musique en choisissant parmi la discothèque très bien garnie des maîtres des lieux. Le soir, par les grandes baies vitrées du salon, on fait connaissance avec des chevreuils qui bravent les stationnements des condos qui ont poussé tout autour du Lupin pour venir manger le menu préparé par l'aubergiste spécialement pour eux: de la luzerne, et un genre de muesli arrosé de mélasse.

C'est pour faire du ski qu'on va a Mont-Tremblant et a ce chapitre, rien n'a vraiment changé. La montagne est toujours aussi belle, et la neige est au rendez-vous. Cette année, on skie depuis le 25 novembre. Le centre de ski alpin est a un kilometre de l'auberge, ce qui fait qu'apres une marche de quelques minutes, on se retrouve au coeur du grand cirque construit par Intrawest. Ceux qui ont encore de l'énergie apres leur journée de ski peuvent sortir comme ils le feraient en ville. Il y a les boutiques, les bars, un cinéma de trois salles, et on peut meme manger des sushis chez Soto!

Les nostalgiques du Mont-Tremblant d'avant Intrawest n'ont qu'à chausser leurs skis de randonnée et se perdre dans les sentiers du parc du Mont-Tremblant, tout près. Plus près encore, le Domaine St-Bernard offre 90 kilomètres de sentiers aux randonneurs, dont la moitié pour le pas de patin. Après le clinquant de la station de ski alpin, ça fait du bien de se retrouver dans cette retraite qui appartenait jadis aux Sulpiciens.

Les invités du Lupin ne risquent pas de tomber en panne au milieu d'une pente ou d'un sentier. Le petit-déjeuner de l'auberge est suffisamment copieux pour se tenir debout toute la journée, surtout si Sylvie vous permet de glisser quelques muffins maison dans notre sac, au cas ou.

Le repas du matin est servi entre 7h30 et 9h45 dans la salle à manger sympathique et chaleureuse. Un air de Buena Vista Social Club joue en sourdine. Il commence avec un jus et une salade de fruits frais, du yogourt et des pâtisseries maison. Le plat principal est servi à table par Pierre, qui concocte chaque jour deux assiettes, une salée, une sucrée. C'est une omelette aux épinards, fromage suisse et jambon ou du pain doré, sauce à l'orange. Ou encore des pancakes aux pommes, sauce framboise ou une omelette au saumon fumé et au fromage à la crème. On s'empiffre sans remords, et tant pis pour ceux qui ne font pas de ski. Le café filtre est bon, et la maison offre aussi de l'espresso et du café au lait.

Ce serait facile de s'attarder devant un autre café, de regarder les oiseaux à la mangeoire et le chat qui est à l'affût. Mais le ski nous appelle, nous sommes là pour ça après tout! Surtout que Pierre et Sylvie n'attendent que d'être libérés pour planifier le reste de leur journée. Du ski de fond avec Henri ou du ski alpin avec Catherine et sa copine?

Auberge Le lupin 127 rue Pinoteau, Mont-Tremblant 1 877 425 5474 www.lelupin.com
Saison régulière a partir de 115 $ jusqu'a 135 $. Forfaits de ski proposés.
Pour nous écrire : cyberpresse@cyberpresse.ca
C 2002 Cyberpresse. Tous droits réservés.